Mari-Liis est originaire de L’Estonie et elle vit aujourd’hui en France, à Paris, depuis 3 ans et demi.

Mais pourquoi a-t-elle choisi de venir vivre en France?

“J’avais vécu en France une première fois grâce au programme Erasmus et je suis restée ici pour un semestre universitaire. Cela  été le moment le plus dur de ma vie, mais aussi le plus intéressant. Après ce semestre je suis retournée en Estonie où j’ai fini mes études, sauf mon mémoire. En effet je pouvais faire mon mémoire en Estonie, mais aussi à l’étranger.”

“J’ai donc choisi de le faire à l’étranger, puisque j’avais l’impression d’avoir déjà tout fait en Estonie, c’était pour moi le moment de partir. Je ne voulais pas choisir la facilité de rester sur place, j’avais besoins des challenges.”

Travailler et étudier au même temps: c’est possible!

“J’ai choisi une façon très simple pour pouvoir vivre en France et continuer mes études : j’ai postulé chez Disneyland Paris. Travailler pour eux m’a beaucoup aidé car ils offrent un contrat, mais aussi un logement. Donc je travaillais chez Disneyland et j’écrivais au même temps mon mémoire. Une fois fini j’étais prête à rester un France, mais juste dans le cas où j’aurais trouvé un emploie qui correspondait à mes études d’anglais.”

Changer de voie en France: est-il possible?

“J’ai travaillé comme prof d’anglais pendant 2 ans, mais j’avais envie de changer totalement d’emploi. Malheureusement j’ai découvert que cela est très difficile en France. En effet ici tout est strictement lié au diplôme qu’on détient, alors qu’en Estonie cela n’est pas forcement un limite. J’ai donc vu une seule solution: reprendre mes études.”

“J’ai quitté mon travail et je me suis inscrite en Master professionnel de Business International et Négociation Interculturelle. J’ai fini cette année et  grâce au stage de fin d’études j’ai été embauchée dans le domaine de Relocation. Je travaille dans une société de conseil pour les grandes entreprises et multinationales et notamment pour leurs employés. Des entreprises comme Louis Vuitton ou Givenchy nous contactent pour qu’on s’occupe de la mobilité internationale: s’ils veulent faire venir quelqu’un de Chine ici en France, nous allons nous occuper de cette opération de A à Z.”

“Je voulais vraiment faire ce travail pour aider des personne qui, comme moi, se retrouvent tous seuls dans un nouveau pays. Moi je n’avais personne la première fois que j’étais arrivée ici, je comprend donc leurs difficultés et craintes.”

“Il y a beaucoup d’entreprises de ce type en France, mais ils s’occupent principalement de grandes entreprises ; au contraire il n’existe pas beaucoup d’offre pour les particuliers. J’aimerais bien donc lancer un projet personnel, c’est-à-dire un site internet pour les particuliers, avec des prix et des offres plus adaptés.”

värviline

Quelles difficultés peut trouver une jeune étudiante étrangère en France?

“Au début je vivais à Pairs ville, mais une fois repris mes études j’ai du déménager en banlieue, pour payer moins cher le loyer. La première fois en France, pour mon Erasmus, je me suis sentie vraiment seule. À l’université personne ne s’inquiétait des étrangers, nous n’étions pas du tout aidé, ni conseillés. Par exemple, j’avais fait demande à la cité universitaire pour avoir un logement étudiant et j’ai reçu la réponse qu’un an et demi après mon Erasmus. Évidemment, il n’y avait pas de place.”

“C’était grâce aux autres étrangers que j’ai commencé à me sentir mieux. Ce que j’ai trouvé bizarre c’est que c’était toujours plus facile d’être amie avec les hommes plutôt qu’avec les femmes. Les femmes étaient un peu snob envers nous!”

“Par contre la deuxième fois que je suis venue je connaissait déjà des français et j’ai beaucoup été aidé et soutenue par eux. C’est peut être aussi pour ça que je suis restée.”

La bureaucratie fantôme 

“Une des seules difficultés que j’ai eu la deuxième fois que je suis arrivée en France c’était au niveau du travail. Il faut toujours plein de papiers mais on ne nous le dit pas forcement. Par exemple, je ne savais pas qu’il fallait, avec ma sécurité sociale, une mutuelle aussi. Personne ne me l’a dit. Ou encore, pour ce qui concerne les taxes, en Estonie comme dans d’autres Pays, elles sont prélévées à la source. Ici j’attendais de devoir payé, mais quand j’ai vu que je n’avais rien payé ni rien reçu je me suis renseignée et j’ai donc découvert qu’en étant étrangère c’était à moi d’aller chercher les feuilles.”

Pour mes futurs enfants pas d’école en France!

“Pour le moment oui, je viens d’être embauchée et ça serait bête de quitter mon travail tout de suite. En plus de ça je suis fiancée avec un français, donc on va sûrement se marier ici. Par contre, pour mes futurs enfants, je vais probablement rentrer en Estonie. Je ne veux pas du tout qu’ils aillent à l’école en France. J’ai déjà été enseignante ici et je trouve que le système scolaire n’est pas terrible et que les enfants souffrent beaucoup.”


0