Je m’appelle Aleksander, j’ai 44 et j’ai deux enfants. Je suis chargé de la communication à la fédération de Paris du PS. Je suis né en France, d’un père polonais et une mère russe. Je m’amuse toujours à affirmer que c’est cela qui fait de moi un bon français.

Le parcours chaotique de sa famille

“Ma famille a eu un parcours plus que chaotique et c’est justement pour cela que la situation actuelle des réfugiés me parle vraiment. Mon père a quitté la Pologne avec sa mère quand il avait 10 ans, car juifs. Du côté de ma mère, russe, ce sont mes arrières grands parents qui ont émigré.”

Aleksander me décrit son compliqué arbre généalogique, entre origines russes, polonaises mais aussi lituaniennes et grecques … Il y en a un peu pour tous!

“Moi j’ai surtout grandi dans ma culture russe, avec ma mère et ma grand mère. Après, dans ma vie de jeune adulte, j’ai progressivement découvert des morceaux de ma famille.”

Ayant grandi en France, est-ce que vos origines vous ont elle jamais crée de problèmes?

“Non, absolument, mais il faut dire que à l’apparence on ne voit pas mes origines: j’ai un physique et un aspect qui ne s’éloigne pas de celui des français. Par contre je me suis toujours affirmé dans mon identité, même parfois en faisant de la provocation. Moi je suis du ’71 donc quand j’étais à l’école c’était la période de la guerre froide et quand on jouait au gentil et au méchant, moi je me mettais évidemment du côté des soviétiques. Au lycée je disais souvent que l’Union Soviétique était le pays le plus riche du monde, ce qui faisait marrer tous mes camarades et ma prof d’histoire. Tout ça pour dire que j’ai toujours affirmé mes origines et on me les a rarement renvoyées au visage.”

“Après la chute de mur j’étais parti avec un ami pour faire le tour de l’Europe de l’Est et dans le train de retour vers Paris une grand mère nous avait demandais d’où on venait. On lui a dit qu’on était français, mais après nous avoir passés au scanner elle m’avait regardé et dit une chose qui m’avait déstabilisé: Non, toi t’es slave!

De la même manière, lorsque je suis allé en Pologne, effectivement il avait été drôle de balader dans la rue et voir de visages qui me rassemblait.”

“Cependant je me considère français, je me suis complètement approprié du message républicain, des piliers de l’identité française.”

Je lui demande de ses enfants, et comment il pense leur transmettre ses origines et surtout dans quel genre d’Europe ils vont grandir selon lui.

“Moi j’essaie vraiment de les faire grandir comme des européens. Chaque été on voyage dans un pays européen. Par rapport à la situation européenne je ne crois pas que ça soit une situation figée qui va forcement dans la mauvaise direction. Je suis quand même un militant politique, donc je me bat pour qu’on ait une Europe plus ouverte, plus démocratique. Oui aujourd’hui il y a un mauvais vent nationaliste qui met en danger le projet européen, ce qui est inquiétant. Face à ce nationalisme il doit y avoir des individue qui se battent pour d’autre idéaux.”

Il me raconte comment à la maison il essaie de varier le plus possible la musique, ou encore les dessins animés pour ses enfants. Il raconte mettre des radios étrangères ou bien, quand ils vont en vacance ils rentrent avec des cahiers de coloriage des différents pays.

Je lui demande quels sont, à son avis, les obstacle pour une Europe unis comme il voudrait

“D’abord il faut dire que la devise de l’Union c’est l’union dans la diversité. Mais il y a un souci: nous européens nous sommes tellement attachés à notre singularité que, toute suite, nous mettons en avant nos différences. Mais en réalité nous avons beaucoup de choses en commun.

Il y a plein d’aspects ou on a une réalité culturelle commune mais qu’on refuse de voire, et on va  mettre en avant le coté folklorique. En faisant ça, on se retrouve tous à boire du Coca et à manger MacDo! De cette façon nous passons à côté d’une richesse culturelle énorme que nous n’exploitons pas.”


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