Peu importe l’effort, il est impossible de la décrire à la perfection: elle s’appelle Nathalie Licard, une française qui vie en Allemagne depuis 20 ans. Elle est aussi une célèbre présentatrice télé, connue pour sa belle voix, ses performances et, surtout pour son fort accent français.

“Beaucoup de personnes croient que je fais exprès, mais ce n’est pas le cas. Il faut qu’ils comprennent que j’ai commencé à étudier l’allemand que lorsque j’avais 30 ans”, dit Nathalie.

“Quand j’écoute mes enregistrements, je suis moi même étonnée de comment mon accent est fort, mais je ne peux pas le contrôler: je ne m’en rend pas compte quand je parle!”

La grammaire allemande est un cauchemar!

Nathalie aimerait bien se libérer des fautes qu’elle fait en allemand. “Maintenant j’essaye de m’en libérer, mais honnêtement c’est dommage d’avoir commencé qu’après 20 ans”, elle dit en rigolant. Elle fait maintenant partie d’un tandem d’échange pour apprendre la langue.

“Mon problème c’est que je n’étais pas précise quand je commençais à apprendre la langue, mais maintenant je rencontre fréquemment un allemand: nous parlons une demi heure en français et une demi heure en allemand. C’est la meilleure chose que je n’ait jamais faite!”

Nathalie m’explique aussi sa frustration envers la grammaire de cette langue: “La structure de la langue allemande est, selon moi, totalement absurde. On veut parler des articles? Je m’en fiche du sexe d’une table ou d’une chaise, mais si tu ne connais pas leurs articles, alors il est impossible de décliner le nom correctement. Voilà pourquoi je ne décline tout simplement pas les noms! Si j’en connais pas l’article pourquoi est-ce que je devrais me prendre la tête pour les décliner?”

“Les mots les plus horribles restent pour moi les verbes séparables: c’est inhumain! Par contre c’est là qu’on voit la discipline des allemands: il faut attendre la fin de la phrase pour qu’on en comprenne le sens. C’est peut être pour ça qu’ils ne s’interrompent pas un avec l’autre. Pas comme nous, les français.”

Le cas l’a ramenée en Allemagne

Mais comment est-ce que cette  française a fini en Allemagne? Nathalie explique que ça a été une coïncidence: “J’ai connu un allemand et je suis tout simplement allée le voir à Cologne où j’ai fini par rester. Au début je ne travaillais pas et je ne parlais pas du tout allemand. Un désastre!”

“Grâce à des connaissances j’ai eu la possibilité de travailler dans une société de production comme étudiante assistante, je faisais un peu tout. La société dans laquelle je travaillais était la même qui a produit plus tard une émission allemande (Die Harald Schmidt).”

Une fois que son contrat était terminé la société a décidé de la faire travailler dans le centre d’appel, même si elle ne parlait pas allemand.

“C’est grâce à ce poste que j’ai vraiment appris à parler allemand. Au début je ne comprenais pas un mot! Au début c’était vraiment difficile, le problème principal c’est que je ne pouvais pas me permettre des cours de langues car ils étaient trop chers.”

Célébrité par hasardnat1

Sa carrière comme présentatrice télé a commencée aussi par hasard. “Le show c’était une comédie, mais moi je ne pouvais pas parler allemand.  Ils m’ont donc envoyé interviewer des personnes célèbres en anglais.”

“Cela a été une idée de Haramd Schmidt. Il adorait la France et on bavardait beaucoup entre nous.”

Elle a été reporter au festival de Cannes, de Berlin et même aux États Unis. Elle a eu l’occasion d’interviewer Woody Allen, George Clooney, Nicolas Cage, Will Smith et  “l’autrichien musclé” Arnold Schwarzenegger. “Je préparais des phrases en anglais pour l’interview, mais je ne comprenais pas leurs réponses.”

Écrire en allemand

Nathalie a aussi écrit un livre (en allemand bien sûr!) qui raconte ses aventures. “Ce n’était pas mon idée, mais l’éditeur me l’a proposé. J’ai tout de suite pensé qu’ils étaient devenus fous! Mais j’ai pensé, pourquoi pas?”

Elle explique qu’elle n’aurait pas pu l’écrire sans l’aide de l’éditeur, même si elle était surprise de voir que ses fautes ont été laissées intactes dans le livre. Le livre s’est vendu à 15 000 exemplaires, mais Nathalie ne le referai pas.

Mentalité allemande

Nathalie adore sa vie à Cologne: “Si je devais rentrer en France maintenant, je ne saurais même pas quoi faire. Je ne suis pas connue en France et personne ne m’attends là bas, je devrais avoir un travail normal.”

La seule chose qu’elle n’aime pas en Allemagne ce sont les supermarchés:”Dans les supermarchés français on a beaucoup plus de choix, de variété dans les produits.”

Nathalie aime bien la mentalité allemande et le fait qu’ils soient directs.

“Il n’y a pas beaucoup de chose que je n’aime pas ici. Cologne est une ville fantastique, mais cela n’est que mon expérience. Je suis sûre que je n’aurais pas aimé vivre dans un petit village, au contraire Cologne est une ville cosmopolite et très ouverte, tout comme les gens.”

En plus de ça elle trouve les gens de la télé allemande plus humbles et moins arrogants que les stars de la télé française.

Par rapport à la société allemande, Nathalie la trouve plus ouverte: “Je trouve que la société est plus ouverte aux étrangers, les gens se mélangent sans problème.”

Être immigré françaisenatbook

Selon Nathalie les problèmes avec l’intégration sont causés par un manque d’éducation. Une fois qu’on connaît la langue et qu’on a un travail, il n’y a pas vraiment de problèmes d’intégration, au moins pas dans de grandes villes comme Cologne. “Pour moi le seul problème était la langue. A part ça, j’ai été bien accueillie par les allemands. Les gens étaient toujours excité de savoir que j’étais française, même si je crois que ça ne doit pas être pareil pour des gens d’autres nationalités.”

“Une ami à moi venait de  Tunisie et parlait un français parfait: les gens pensait qu’elle était française et ils étaient gentils avec elle. Mais quand  elle leurs disait qu’elle venait de  Tunisie, l’expression sur leurs visages changeait. Bien sûr elle le prenait comme un insulte.”

Quand on demande à Nathalie si elle pense prendre la nationalité allemande, elle répond que “Si demain je disais que je suis allemande, personne ne me croirait!”

Mais c’est justement sa façon chaotique de parler l’allemand qui lui a porté tant de chance et de bonheur: elle est la preuve vivante qu’il ne faut pas parler parfaitement l’allemand pour être accepté dans ce Pays et que nos imperfections nous rendent uniques!


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