Dans quels pays as-tu vécu ? quel est ton meilleur souvenir dans chacun d’eux?

J’ai vécu deux ans en Belgique, j’étais assez petite. Mon meilleur souvenir est quand mon oncle, qui vivait alors sur la Côte d’Azur, est venu nous voir. Il adore les petits. Tandis que nous visitions, il nous taquinait, nous prenait dans ses bras, nous racontait des histoires, nous chantions ensemble…

J’ai vécu huit ans en Allemagne. Une fois, mon père a fait un voyage avec ma grande sœur, ce qui a rendu jalousies ma petite sœur et moi. Alors mon père a promis de nous emmener chacune quelque part. Quand il a été de retour, il nous a fait une journée à chacune. Lors de la mienne, nous sommes allées au cinéma et nous avons visité un monument – je ne me souviens plus duquel, mais c’était super.

Ensuite j’ai déménagé en France, cela fait neuf ans que j’y habite. Mon meilleur souvenir est la rentrée en seconde. J’arrivais dans une nouvelle ville, je ne connaissais ni les gens, ni les lieux. La veille je n’avais pas envie d’y aller. En plus il y avait le stress car c’était le lycée. Puis j’ai repéré Marie et Clémence, les deux qui étaient à l’internat avec moi, ce qui m’a immédiatement rassurée car elles avaient l’air super sympa.

Est-ce que tu ressens une distance sociale à cause de tes origines allemandes?

Oui, je ne me sens pas vraiment chez moi quelque soit le pays. Je suis considéré comme allemande en France et comme française en Allemagne. Je suis bien accueillie, mais il y a une distinction.

Te sens-tu allemande ? Française?

Oui et oui.

Que signifie la nationalité pour toi?

Pour moi, cela signifir voir les mêmes droits que les autres citoyens, être reconnu, “appartenir” en quelque sorte au pays.

Que représente-t-elle pour toi?

J’ai fait une demande d’emploi récemment, et on m’a demandé si j’avais le statut français ou un visa français, afin de pouvoir travailler sur le territoire. La nationalité permet une certaine liberté.

Si je dis multiculti, qu’est-ce qui te viens à l’esprit?

J’imagine un drapeau un peu comme celui de la gay pride, avec plein de couleurs. Je vois plein de visions différentes, de mœurs différentes, d’idéaux différents. Multiculti est un mot: c’est une sorte de preuve que c’est d’abord être tous ensembles, au-delà des différences, que ce qu’on est avant tout c’est un humain.

Quelle est la pire gaffe culturelle que tu as commise?

C’était par rapport à la langue. En seconde en SVT on parlait empreintes digitales : tout au long du cours, sans m’en rendre compte, j’ai dit empreintes “génitales”. Pour moi c’était naturel, même si cela faisait déjà un moment que j’étais en France, et je ne comprenais pas pourquoi les autres riaient!

Sinon au début, en arrivant en France, j’avais peur de faire la bise, alors je reculais et je tendais la main.

Si un de tes vœux devait être réalisé, lequel serait-ce?

Je voudrais entendre les pensées des autres quand je décide de les entendre, ou j’aimerais voyager partout dans le monde.

Où seras-tu dans dix ans?

Sûrement plus à Lyon ! Quand j’étais petite nous déménagions tous les deux ans, j’ai donc le besoin de bouger. Je n’arrive pas à rester à un endroit plus de quelques années. Je serais en France, en Australie… peut-être en Allemagne!

Si tu écrivais une histoire de ta vie, comment la diviserais-tu?

Chapitre 1: Berlin, Chapitre 2: Bruxelles, Chapitre 3: Berlin avec une touche de noir, Chapitre 4: un renouveau surd Dax, Chapitre 5: Pissos en noir, Chapitre 6: lycée et fac


Interview by Clémence

 


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