Je suis une amoureuse des petits bonheurs de la vie, de la nourriture, du cinéma et des arts en général. Passionnée de voyages, je vis actuellement à Hanoi, Vietnam, où je suis chargée de communication pour une institution française. Après des études en Langues Etrangères Appliquées (LEA) en Bretagne où j’ai eu la chance de faire un semestre d’études en Allemagne, j’ai obtenu Master en communication d’entreprise et d’influence à l’ISCPA Paris. Après avoir effectué tous mes stages en communication, lorsque tout a été validé et qu’il était temps de rentrer dans la vie active, je décide de partir pour un PVT (Programme Vacances Travail) au Canada. Après 15 mois à sillonner le pays, je décide un soir de froid (-35° quand même) d’aller vivre dans un pays chaud. J’opte avec une amie pour l’Australie. Je rentre donc 4 mois en France puis pars pour l’Australie en faisant une escale en Indonésie. Au final, je suis restée 9 mois en Australie, pays qui ne m’a pas conquise, mais qui m’a permis de découvrir l’Asie, et notamment le Vietnam où j’habite à présent.

À 28 ans, je reprends mon métier de chargée de communication à Hanoi. J’ai crée un blog de mes voyages qui aurait pu s’appeler suivant une logique éponyme “le blog de voyages de Pauline” mais j’ai préféré faire dans l’absurde et “dans l’anonymat”.

Qu’est­ce que tu faisais en France?

Avant de partir au Canada, j’étais employée au siège social d’une grande entreprise du secteur bancaire en tant que chargée de communication. J’avais déjà obtenu mon Visa PVT Canada lorsque j’ai été embauchée et j’avais un délai d’un an pour partir au Canada.

Je vivais en Bretagne, là où j’avais grandi et je profitais de mon temps avec mes parents et mes amis. J’avais repris l’équitation également vu que je n’habitais plus à Paris. Je suis spécialisée dans l’organisation d’événements et mon métier me plaisait. Malgré tout, lorsque la date du départ approche, je préfère le voyage à la possibilité d’un CDI.

Quand est-ce que tu es partie? (âge, année, etc.)

C’est en novembre 2011 que j’ai déposé mon dossier pour le Canada. Le dossier a été accepté quelques semaines plus tard. J’avais un an pour partir après la validation (décembre 2011) et j’ai attendu la dernière minute (décembre 2012) pour quitter la France. J’avais 25 ans. En mars 2013, je m’installais et fêtais mes 26 ans à Toronto. Un an plus tard, je fêtais mes 27 ans dans un ranch au Saskatchewan, Canada. Je suis rentrée en France en mai 2014 et suis repartie pour l’Australie en septembre. En mars dernier, pour mes 28 ans, je suis partie pour 12 jours au Vietnam. C’est là que j’ai eu un coup de cœur pour le pays et que j’ai commencé à y chercher un travail.

Qu’est­ce qui t’as poussé à partir à l’étranger? Pourquoi tu n’a pas essayé de réaliser ton projet dans ton pays?

J’ai décidé de partir au Canada dans l’optique “maintenant ou jamais”. J’entendais trop de gens être bloqués parce que CDI, parce qu’enfants à s’occuper, parce que x raison. J’étais libre de toute contrainte, j’avais fini mes études, je voulais vivre, et ne pas avoir de routine de boulot. Je ne voulais pas me réveiller un jour et me dire “Ah si seulement j’étais partie!”. J’avais aussi peur de m’ennuyer dans ma vie.

Je voulais également découvrir le monde par moi-même. Lorsque j’habitais sur Paris, j’ai bien postulé à quelques emplois en comm’. Les rares réponses étaient négatives. En déposant un regard extérieur sur ma vie, la vision était sordide: j’habitais dans un appart de 30m² à peine que je payais 1200 euros avec mon copain de l’époque. Les sorties me coûtaient un bras, le speed de la capitale ne me plaisait pas. Je me suis demandée si ça allait être ça ma vie et j’ai décidé que non. Je n’avais pas envie de ne pas être pleinement heureuse, tout simplement.

Concernant l’Australie, je me suis juste dit “Pourquoi pas?” L’expérience canadienne m’avait rendue forte et l’aventure m’attirait. Grâce aux voyages et à ce que j’ai vécu, j’ai l’impression de plus avoir peur de grand-chose et d’avoir eu plein de vies dans ma vie. Mon projet, ça a été véritablement mon blog. J’ai pu rester dans la communication grâce à ce dernier. Il me suit toujours après 3 ans d’existence.

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Pourquoi tu as choisi ce pays?

Le Canada m’a toujours attiré. Les grandes contrées et les immenses plaines couvertes de neige, les animaux sauvages près des cabanes à sucre. Après, je me suis rendue compte sur place que la vie n’était pas comme mon cliché! Surtout que j’ai principalement vécu à Toronto, ma vi(ll)e coup de coeur!!

C’est en partant 3 mois à l’aventure avec mon gros sac à dos que j’ai vraiment exploré la nature canadienne. Ca a été le rêve!! J’ai découvert Vancouver, les Rocheuses, le Saskatchewan et ma première expérience de wwoofing, puis Halifax, la Gaspésie, etc. C’était tout bonnement incroyable. J’organisais mes journées comme je le voulais grâce à l’argent économisé pendant mes boulots en call-center et en réceptionniste/communicante à Toronto.

Concernant l’Australie, j’avais décidé d’y aller avec une amie parce que c’était un pays anglophone au soleil, c’est à peu près tout. Pour le Vietnam, c’est tout bonnement parce que j’ai adoré l’atmosphère lors d’une quinzaine de jours que j’ai passée là-bas. J’ai adoré les gens, la nourriture, la paisibilité, le bazard, le bruit, le  calme dans les temples… Le Vietnam est un pays magique et les décors sont également incroyables!

Si j’y suis revenue, c’est surtout grâce au fait d’avoir été sélectionnée pour le poste de chargée de communication. Je me sens super chanceuse d’avoir été prise. Si l’on m’avait dit il y a quelques années que j’allais travailler pour une institution française au Vietnam en tant que chargée de communication, je ne l’aurais pas cru!

Qu’est­ce que tu t’attendais à trouver dans ce pays? Tu n’as pas été déçue?

Concernant le Canada, je crois que je m’attendais à du froid, beaucoup de froid, surtout que j’arrivais à Montréal fin décembre 2012. Je n’ai pas été déçue et j’étais bien contente d’avoir acheté mes vêtements d’hiver avant de partir!

Par contre, dès que le froid s’en va, c’est le bonheur, surtout à Toronto!! Il y a des festivals dans les rues, des gens qui sont là pour faire la fête. C’est très jeune et très orienté culture.

Concernant l’Australie, je m’attendais à une population cool, ouverte d’esprit vivant dans un cadre idyllique. Ça a été une belle déception. J’ai rencontré beaucoup d’Australiens racistes, sexistes, râlant contre les “backpackers”, ces voyageurs à gros sac à dos, n’appréciant pas forcément les Français, ni les européens en règle générale (à part les Anglais quand même).

J’ai apprécié mon séjour là-bas grâce à mes amis mais après le bonheur que j’avais découvert au Canada, ça a été une belle claque. Autant j’étais impressionnée tous les jours au Canada, autant l’Australie ne m’a jamais abasourdie. Les plages sont belles, mais honnêtement une fois que tu en as vu une, tu les as toutes vues… Je pense que l’expérience aurait été différente si j’étais partie plus jeune, et si j’avais commencé par l’Australie (qui n’offre par ailleurs aux voyageurs que des boulots ingrats).

Concernant le Vietnam, je ne m’attendais qu’aux images que j’avais vu sur Internet. Je ne m’attendais à pas grand-chose d’autres. Je savais que ceux qui y avaient été avaient adoré mais pour ma part, je ne connaissais rien du Vietnam, à part son Histoire lors de la guerre contre les Français et contre les Américains.

Je ne m’attendais pas à découvrir des habitants zens, même en heure de pointe, des cultures différentes et très proches en même temps. Beaucoup de personnes ne souhaitent qu’à aider les touristes et les expats ce qui est plutôt appréciable.

Le Vietnam ne m’a jamais déçue. Bien sûr, en tant qu’occidentale, et que blanche de surcroit, je me fais parfois “avoir” et les prix sont souvent gonflés mais honnêtement, un euro signifie beaucoup plus pour eux que pour moi.

À part ça, je continue de découvrir ici. Cela ne fait pas un mois que je suis là et il me reste encore beaucoup à voir, à comprendre et à explorer.

Est­ce que tu parlais déjà la langue? Ou d’autres langues?

J’ai appris l’anglais et l’allemand au collège, dès ma 6ème. J’ai choisi d’apprendre l’arabe à l’université. Autant dire que de ces trois langues, l’anglais est à présent mon point fort, l’allemand est perdu dans un coin de mon cerveau et pour l’arabe, je reconnais les lettres mais impossible de communiquer… Il me reste à apprendre le vietnamien maintenant. Je baragouine les bases, surtout pour connaître les prix des produits. C’est une langue très difficile et j’ai hâte de tenir une conversation avec un local!

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Qu’est­ce que tu fais maintenant?

Je suis chargée de communication à Hanoi pour une institution française. Je travaille sur le site Internet, la charte graphique, les événements, etc. Je visite la ville, je rencontre du monde. Je me fais à mon nouvel environnement et j’adore!

Comment est­ce que c’était au début? Tes difficultés? Tu les a dépassées?

Le Canada a été magique du début à la fin. En Australie, ma famille et mes amis me manquaient énormément. A part faire la fête en Australie, il n’y a rien. Boire de la bière, tu en fais vite le tour et à la fin, je m’ennuyais de ma vie d’avant. Pour le Vietnam, je suis toujours dans le début de l’aventure. La langue est la principale barrière. Je parle beaucoup avec les mains et ça rend des situations bien comiques. Imaginez-moi expliquer que je veux mon café à emporter. Mon copain était mort de rire pendant le mime. Je sais comment demander maintenant!

Ma famille et mes amis me manquent toujours mais après avoir voyagé, je sais qu’ils ne sont pas perdus. C’est parfois dur de les voir s’éclater et de ne pas être là mais je sais que je rentre en France aux prochaines vacances. Il y a tellement à faire et à voir au Vietnam que j’y pense moins mais j’ai vraiment hâte de les voir et de pouvoir enfin les toucher!

Est­ce que t’as l’impression d’être intégré où tu vis? Si oui depuis combien? Si non, pourquoi?

Je suis intégrée en tant qu’expat. Je ne serai jamais intégrée totalement et je respecte le clivage Vietnamiens/Occidentaux. Nous avons un pouvoir d’achat beaucoup plus important que les locaux et j’accepte vraiment de payer plus pour certains produits. Mais il y a aussi des prix qui sont les mêmes partout et l’on peut voir que certains Viets gagnent très bien leurs vies!

Que dirais-tu à quelqu’un qui voudrait partir à l’étranger/venir en France? Des conseils?

Pour les deux cas de figure, je conseillerai de ne pas se faire d’idées reçues d’un pays, je conseillerai également de rencontrer les locaux, de sortir avec eux et de bien sur manger un maximum de nourriture du pays!

Se contenter du minimum aide aussi à savourer pleinement la découverte d’un pays. Je trouve tellement triste les voyageurs qui viennent juste pour boire et qui considèrent le voyage comme une attraction. Je trouve ça triste également ceux qui n’arrivent pas à se défaire de leurs pays et de leurs habitudes. Venir maquiller aux temples d’Angkor ou à Bali ? Non mais quelle blague!

 Ton pays te manque? Tu penses y retourner?

Oui la France me manque. Je n’ai jamais eu l’attitude hautaine de beaucoup de Français qui partent, ceux qui détestent leur pays, qui le considèrent comme un pays foutu. J’ai toujours aimé l’art et la cuisine françaises.

Après, j’ai grandi en Bretagne où les gens sont assez détendus. C’est vrai que Paris m’a dégoutée après trois ans: tellement de fric gaspillé dans du superficiel!

Mais en règle générale, je suis attachée à mes racines et je suis censée retourner en France pour les vacances de Noël. Penser à retrouver la gastronomie française me fait déjà saliver!

Comment et surtout où tu imagines ton futur?

Aucune idée et je ne veux pas y penser. On verra bien 😉

Est­ce que tu arrives à imaginer tes futurs enfants parler une autre langue que la tienne?

Je ne ressens pas l’envie d’avoir des enfants donc ça répond assez vite à la question.

Mais avec un copain anglais et en vivant au Vietnam, si j’avais un enfant, je le pousserais à parler les trois langues. Je connais plein de couples avec des nationalités différentes et il n’y a aucun problème pour les enfants; ils intègrent justement très facilement les langues. Quelle chance d’ailleurs!

Que ce soit en France ou à l’étranger, plus un enfant connaît de langues et de cultures différentes, mieux c’est!

Est­ce que tu trouves que le Pays où tu vis maintenant est multiethnique?

Oui totalement! Le Vietnam comprend déjà plein de différentes ethnies inhérentes au pays. Ensuite, il y a les autres Asiatiques installés dans le pays puis les Occidentaux. Pour finir, il y a les touristes, quelle ethnie rigolote! Je ne rencontre pas beaucoup de Noirs ou d’Arabes par contre. Après la France où nous avons la chance d’avoir toutes les couleurs et toutes les nationalités, c’est vrai que ça fait bizarre. Mais le Vietnam se développe encore et toujours donc peut-être pour bientôt?

Quelles différences entre ton pays d’origine et celui où tu vis maintenant?

Tout est différent : de la nourriture à la manière de conduire, du comportement au prix des produits, de la qualité de vie aux paysages.
Après, suite à la colonisation française, on retrouve pas mal d’architecture française à Hanoi et également des produits français : Vache qui rit, Kiri, toutes sortes de pâtés! (vous n’avez pas idée du bonheur quand j’ai trouvé du Pâté Hénaff ici! Surtout après 9 mois passés en Australie où la bouffe est … bof-bof voire beurk), de la baguette, etc. J’ai même un Yves Rocher à côté de chez moi!

Tu veux rajouter quelque chose ?

Avant de partir (Canada), je n’étais pas forcément soutenu, on ne croyait pas forcément non plus à mon projet et la peur du chômage à mon retour trônait au-dessus de ma tête.

Mais ce voyage a été ma meilleure expérience de voyages: 15 mois à découvrir le Canada entre l’est et l’ouest: du bonheur! Tout n’est jamais rose en voyage et la famille que tu as et celle que tu t’aies créée te manquent, mais si tu affrontes ce manque, tu n’en ressors que plus fort. J’ai découvert des paysages extraordinaires, rencontré des gens fabuleux, réalisé mon rêve: vivre dans un ranch pendant un mois et demi, amélioré mon anglais, goûté à des plats succulents, etc. J’ai commencé également à assumer mon choix et ma passion de voyager. En France, le soutien et l’admiration des gens ont débuté également. Il est vrai qu’on parlait également plus du PVT à cette époque. Donc un conseil: voyagez! N’attendez pas qu’il soit trop tard et rentrez dans les photos d’Instagram plutôt que de les admirer!


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